Vous l’avez peut-être déjà constaté, certaines applications intégrées à Windows 11 mettent du temps à démarrer, jurent visuellement avec le reste du système ou consomment plus de mémoire qu’elles ne le devraient. Ce n’est pas qu’une impression. Une part importante des applications livrées avec Windows 11 ne sont en fait pas réellement « natives » : elles reposent sur des technologies web embarquées, comme si un mini-navigateur était intégré à l’intérieur de chaque application.
Face à ce constat, un partenaire architecte de Microsoft vient d’annoncer la création d’une nouvelle équipe dédiée à un objectif clair : concevoir des applications 100 % natives pour Windows 11.
Le problème des applications WebView et PWA
Sur Windows, toutes les applications ne se valent pas.
D’un côté, on a les applications natives, conçues avec des frameworks spécifiquement pensés pour Windows, comme WinUI, le framework d’interface moderne de Microsoft. Ces applications s’intègrent naturellement au système : elles sont rapides, cohérentes visuellement et généralement peu gourmandes en ressources.
De l’autre, les applications reposant sur WebView (ou WebView2). Elles embarquent un moteur de navigateur – en l’occurrence celui de Microsoft Edge – dans une fenêtre qui imite une application classique. À cela s’ajoutent les PWA (Progressive Web Apps), des applications web installables qui fonctionnent sur le même principe.
Si le rendu peut sembler correct au premier abord, ces dernières souffrent souvent de limitations : performances en retrait, consommation mémoire plus élevée et intégration visuelle imparfaite. Le problème, c’est que Microsoft lui-même s’appuie largement sur ces technologies. Clipchamp, par exemple, est une PWA. L’application Copilot repose sur une base web, tout comme Microsoft 365 (anciennement Office 365). Plus surprenant encore, le menu Démarrer de Windows 11 n’est pas construit avec WinUI, mais avec React Native, un framework multiplateforme historiquement conçu pour le mobile – et donc pas spécifiquement optimisé pour Windows.
Sans surprise, de nombreux éditeurs tiers ont suivi cette voie. WhatsApp, par exemple, a abandonné son application WinUI au profit d’un wrapper basé sur Chromium.
Une nouvelle équipe avec un objectif clair : le natif
C’est dans ce contexte que Rudy Huyn, partenaire architecte chez Microsoft et notamment impliqué dans le Microsoft Store et l’Explorateur de fichiers, a annoncé sur X la création d’une nouvelle équipe dédiée au développement d’applications pour Windows 11.
Interrogé directement sur l’usage des technologies web, il a été très clair : les applications développées par cette équipe seront « 100 % natives », sans recours aux PWA.
Concrètement, cela implique des applications construites sur des technologies comme WinUI, sans recourir à WebView pour charger des composants web. L’objectif est d’améliorer les performances, renforcer la cohérence visuelle et proposer une intégration plus propre avec le reste du système.
Cette initiative s’inscrit dans un chantier plus large identifié en interne sous le nom de code Windows K2, visant à corriger plusieurs points faibles de Windows 11. Dans ce cadre, Microsoft a déjà confirmé travailler sur une refonte du menu Démarrer en WinUI, sur des améliorations de performances de l’Explorateur de fichiers ou encore sur une barre des tâches plus flexible.
Un périmètre encore limité
Si l’annonce est encourageante, elle reste pour l’instant limitée dans sa portée. On ne sait pas encore quelles applications concrètes seront développées par cette équipe, ni à quel rythme elles seront déployées.
Autre point important : les applications les plus critiquées ne dépendent pas directement de l’équipe Windows. Outlook, Teams ou encore Copilot – bien qu’intégrés à Windows 11 – relèvent d’autres divisions de Microsoft.
À ce stade, rien n’indique que ces applications feront l’objet d’une refonte vers des technologies natives. L’initiative de Rudy Huyn pourrait donc améliorer certaines briques de Windows, sans pour autant transformer l’ensemble de l’écosystème à court terme.
Ce qu’il faut retenir
- Rudy Huyn, partenaire architecte chez Microsoft, met en place une nouvelle équipe dédiée au développement d’applications « 100 % natives » pour Windows 11, sans recours aux technologies web embarquées.
- Cette initiative s’inscrit dans le cadre du projet « Windows K2 », qui vise à corriger plusieurs défauts structurels de Windows 11.
- Aujourd’hui, de nombreuses applications – y compris certaines développées par Microsoft – reposent sur WebView, des PWA ou des frameworks non natifs, avec des impacts sur les performances et la cohérence visuelle.
- Les applications majeures comme Outlook, Teams ou Copilot ne sont pas concernées à ce stade, leur évolution dépendant d’autres équipes chez Microsoft.
